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31/01/2018

Espàci publi...citàri

Espace public...itaire
Public... advertising place

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30/01/2018

Uno porto pas mai trop flamenco...

Une porte plus trop flamande...
A door no more so flemish...

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29/01/2018

La vilo d'Avignoun achata lis istourico Ban Pommer

La ville d'Avignon achète les historiques Bains Pommer
The city of Avignon buys the historic Bains Pommer

Par Aurélie Lagain, Boris Loumagne et Daniel Morin, France Bleu Vaucluse, avril 2017.

27/01/2018

Atmousfèro 1900 : carriero di Tenchurié

Atmosphère 1900 : rue des Teinturiers
Atmosphere 1900 : Teinturiers street

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25/01/2018

Ounte siéu ?

Où suis-je ?
Where am I ?

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Photo Véronique Pagnier 2012.

18/01/2018

Felipe de Cabassolle

Philippe de Cabassolle
Philippe de Cabassoles

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Philippe de Cabassolle, né à Cavaillon ou Avignon en 1305.

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D'or à quatre losanges de gueules, appointés et
posés en bande, accostés de deux cottices d'azur.

17/01/2018

Jan-Nouèl Clamon

Jean-Noël Clamon

457922381.png« C’est à l’âge de quatorze ou quinze ans que Guy Tournier, un copain du lycée me dit qu’il faisait partie d’un groupe folklorique avignonnais : "L’Académie Provençale" dirigée par M. Clamon. Ce copain précisait qu’il y avait dans ce groupe plein de filles, et qu’elles étaient même très jolies ! M. Jean-Noël Clamon, ainsi prénommé parce qu’il était né un soir de Nativité, habitait une très vieille bâtisse provençale, rue de la Monnaie, à Villeneuve-les-Avignon. Âgé de près de soixante-dix ans, Il se disait un peu félibre, c’est-à-dire un peu poète, un peu chanteur, un peu blagueur, grand amateur de la langue provençale des Aubanel et autre Roumanille. Grand, alerte, très élégant, portant un chapeau de feutre noir, "un capeou", devrais-je dire, pantalon de velours marron, chemise à fleurettes indiennes et lacet rouge autour du cou, il ressemblait bigrement à Frédéric Mistral. Le cheveu au vent, une fine moustache toujours bien brossée, il avait dû être durant sa jeunesse un séducteur de première, car nous voyions bien, malgré son âge avancé, qu’il disposait toujours, d’un petit succès avec la gent féminine, et qu’il en éprouvait apparemment un plaisir non dissimulé. À la tête de "l’Académie Provençale" depuis des lustres, il contribuait à transmettre à ce groupe, une notoriété incontestable, dépassant de loin les pourtours du Comtat Venaissin.
Il y avait à Avignon deux groupes folkloriques. "L’Académie Provençale" de Clamon, et le second, "Lou Riban di Prouvenço", dirigé par Mlle Duret, vieille célibataire fluette, mais dotée d’une énergie peu commune. Lorsqu’il rageait un peu à l’encontre de Mlle Duret, M. Clamon prétendait haut et fort que le groupe de "l’usurpatrice" n’avait pas sa place sur Avignon, car ses danseuses portaient le costume traditionnel des Arlésiennes, qui n’avait rien à voir avec l’authentique costume du Comtat Venaissin, le nôtre ! Une véritable guerre des tranchées s’était établie entre ces deux personnages hauts en couleurs et au fort caractère, pour l’attribution dans la région, de telle ou telle manifestation folklorique. L’émulation qui régnait entre ces deux groupes rendait leurs prestations réciproques exemplaires.
Ma tante Simone habitait la même rue que M. Clamon et elle le connaissait très bien. Un jour, sur ma demande, elle me présenta à lui. Je souhaitais vraiment, comme Guy Tournier, devenir danseur de farandole, faire quelques voyages dans la région, mais surtout rencontrer des âmes féminines esseulées.
Clamon était le musicien du groupe. Entendez par là qu’il était le "fifre" ou si vous préférez, "le tambourinaire", celui qui, dans la tradition provençale joue du galoubet et frappe sur un tambourin. 3551169475.jpgDans la conversation, je lui ai certainement parlé de mon passage éclair au conservatoire, lorsque j’avais onze ans et de ma dextérité à jouer sur mon pipeau en bakélite à six trous. Aussitôt, après qu’il eût observé ma frêle constitution de presque adolescent, il me dit qu’il ne recherchait pas tant un danseur qu’un instrumentiste. Il me confia sur le champ un galoubet, me demanda de souffler, et, surprise, il sembla que j’étais assez doué ! Quinze ou vingt jours après, j’arrivais à sortir, presque sans faute, de mémoire, une grande partie du répertoire de la musique folklorique provençale. »
Robert Garcia Avignon, j’ai grandi avec toi 2015.

16/01/2018

M. Brahic

« Durant et au sortir de la guerre, un autre personnage, M. Brahic "sévissait" quartier Saint Lazare, rue Carreterie et rue Guillaume Puy. Costaud, trapu, grognon, grassouillet malgré les restrictions alimentaires dues à la guerre, doté d’une voix de stentor, il tirait une espèce de vieux charreton à grosses roues de bois cerclées de fer. L’air bourru, il faisait grand peur aux enfants auxquels il lançait des grimaces, des pieds de nez, et très souvent en tirant la langue. Sacs de sciure et bûches de bois encombraient son charreton qui véhicule compris devait bien peser dans les trois cents kilos.
Pendant et après la guerre, une seule façon de faire la cuisine et d’apprivoiser les rigueurs hivernales : c’était la bonne cuisinière en fonte de marque Chapée. Elle fonctionnait au charbon, lequel était très cher, rare et contingenté, ou se contentait de brûler du bois de chauffe.
C’est là qu’intervenait M. Brahic. Courageux et pitoyable à la fois, il passait le plus clair de son temps à arpenter les rues de ces quartiers d’Avignon, en criant haut et fort :
— Il est là, le voilà, le marchand de bois. Bois d’allumage, sciure de bois !
Ce slogan, tout simple, mais scandé et lancé de façon magistrale, attendu par les ménagères du quartier, s’inscrivait dans les mémoires d’une manière indélébile, à telle enseigne, que bien des personnes l’entendant s’approcher dans la rue, répétaient :
— Ah ! Il est là le marchand de bois !
Ainsi, M. Brahic livrait du bois à qui en voulait, et surtout aux personnes qui n’avaient pas beaucoup de place pour en stocker une grande quantité dans leurs petits appartements des vieilles ruelles, ou qui n’avaient pas assez d’argent pour en commander un ou deux stères à la fois.
Durant cette époque de vaches maigres, il vendait également des sacs de sciure de bois, qui dans bien des foyers remplaçaient le charbon et même le bois. Chaque soir d’hiver, afin que le feu ne s’éteignît pas dans la cuisinière, on bourrait l’âtre par-dessus un reste de charbon incandescent avec de la sciure préalablement mouillée. Un trou central à la verticale, pratiqué avec un pique-feu, permettait à cette sciure de se consumer très lentement tout au long de la nuit jusqu’au petit matin, et donnait une douce température à tout l’appartement. Grâce à notre homme, cette sciure connut durant cette rude époque une commercialisation des plus brillantes.
Le père Brahic assurait bel et bien, un travail d’utilité publique.
Après avoir monté les dix kilos de rondins ou les deux sacs de sciure de bois à un second étage, après avoir encaissé les quelques francs et peut-être après avoir englouti un bon "canon" de rouge offert par sa cliente de ménagère, il retournait dans la rue, repassait autour de son cou l’épaisse lanière de cuir accrochée à son charreton, reprenait de ses énormes mains les manches du dit-charreton, et après avoir fourni un violent effort en s’arc-boutant sur ses reins pour faire redémarrer son outil de travail, le voici qui entonne allègrement, à la cantonade, toutes les vingt secondes :
— Il est là, le voilà, le marchand de bois !
Le voilà, pauvre diable, tel Jean Valjean au bagne, qui repart faire sa tournée de forçat, mais lui, en homme libre ! Sans famille, sans logis, il a "habité" durant plusieurs années dans une anfractuosité effondrée des remparts de la porte Saint Lazare, dans un réduit de trois ou quatre mètres carrés, sans eau, sans électricité, sans chauffage, – un comble ! – sans même une porte pour s’isoler du bruit de la piétaille et de la circulation. Avec une vieille couverture marron de l’armée américaine accrochée sur le mur extérieur des remparts, il pouvait négliger le bruit et le froid. Il s’enfermait ainsi dans sa caverne pour mieux se détacher du monde et trouver un semblant d’intimité. Il oubliait ainsi, durant quelques heures, sa rude condition, et rêvait peut-être d’un paradis, d’un olympe chauffé au fioul et éclairé à l’électricité. En attendant, pour découvrir les derniers potins de sa chère ville d’Avignon, et pour lire "Le Provençal" de la veille, il s’éclairait à la bougie.
Hier, il restait un homme libre, capable, par son dur travail d’assurer sa subsistance quotidienne. Aujourd’hui, que serait-il ? Un homme assisté ? Oubli de l’effort solitaire ! Pour l’enfant que j’étais, M. Brahic n’était-il pas un exemple ? Sa vie n’initiait-elle pas les écoliers que nous étions à servir la valeur de l’effort ? Nous préférions, bien sûr, nous amuser ! »
Robert Garcia Avignon, j’ai grandi avec toi 2015.

15/01/2018

L'avugle

L'aveugle
The blind man

« À la fin de la guerre, il n’y avait à Avignon qu’un seul mendiant respecté et "patenté" en quelque sorte. Il avait ceci de particulier : il était propre. Tiré à quatre épingles dans son costume clair et sa cravate grise, les cheveux blonds et bien peignés. Il avait un seul
défaut : il était aveugle.
Durant plusieurs années, il est resté, là, rue de la République, devant le Crédit Lyonnais, avec sa canne blanche, ses yeux blancs invariablement fixés à quarante-cinq degrés vers le sol. Il me laissait toujours un sentiment amer, et en l’observant je sentais une tristesse montée en moi. Le bon Dieu n’était pas juste ! Après cinq heures d’immobilité et de silence, rompu seulement par le "merci madame" ou le "merci mon petit" qu’il adressait sans jamais se tromper à son donateur, – don exacerbé des aveugles – il avait gagné le droit de se tenir debout : face au destin qui le frappait, il avait su rester grand.
Il m’est souvent arrivé de lui donner une petite pièce.
Un soir, une vieille dame s’approcha de lui, lui prit le bras, sans mot dire, et je les vis partir tous deux. C’était la mère venant chercher le fils pour retrouver un domicile chauffé. »
Robert Garcia Avignon, j’ai grandi avec toi 2015.

14/01/2018

Renée

« Malgré les années, semblable à Cyprienne et pourtant fort différente, Renée, une dame à l’antique, habillée de noir, le corps ceinturé par plusieurs couvertures, – une momie avec ses bandelettes – chargée comme un baudet portant un énorme baluchon autour du cou, et à la main, quantité de sacs de papier, elle erre à travers les rues de la ville, telle une morte vivante, et qui pour s’épuiser, n’a de cesse de toujours marcher davantage.
Mendiante ? Non ! Chanteuse ? Non ! Elle ne chante pas : elle souffre. Une pitoyable femme aux longs cheveux blancs, avec de grands yeux noirs tristes pleins de noblesse renfermant toute la misère du monde, telle Sainte Marie-Madeleine, à Florence, la sublime sculpture sur bois de Donatello, au regard inoubliable.
Elle fut voilà plus de trente ans, une enseignante qui tentait d’apprendre à de futurs hommes la bonté et le respect des autres. Sa récompense : sa fille de seize ans, violée, torturée,  assassinée.
Elle n’a pas résisté. Elle cherche jour et nuit, dans toutes les rues de la ville, une fille dont son cœur n’accepte pas la disparition, et dans cette recherche son corps a sombré.
— Comment allez-vous, Madame ?
À ce mot presque oublié de Madame, elle se retourne, m’observe,se redresse et retrouve toute sa dignité, comme pour me remercier de la sortir durant peu de temps, de cet isolement dans lequel tout le monde la plonge.
— Oh ! Vous savez, Monsieur, c’est très dur en ce moment, avec cet horrible froid !
J’entrai dans un nouveau monde, pathétique, pitoyable.
— Quand je dors à la gare, au milieu de mes cartons, eh bien Monsieur, même là, on essaye de me voler. Tenez, la semaine dernière, c’est un voyou qui m’a frappée, m’a projeté dans les yeux le gaz d’une bombe lacrymogène pour mieux me voler. Regardez mes yeux, ils sont encore tout rouges !
Renée, elle se prénomme Renée avait un mari, – elle l’a toujours – avait une fille – elle ne l’a plus. Elle vivait dans une très grande maison. Depuis la disparition de sa fille, Renée n’est plus jamais retournée chez elle. Vingt ans ont passé. En errance perpétuelle, elle court après toutes les jeunes adolescentes, croyant toujours avoir aperçu le dos de sa fille. Son mari, lui, qui sait qu’il a "perdu" sa femme, vient souvent la voir à la gare, pour l’aider à faire une maigre toilette.
— Chateaubriand était comme moi, il cherchait sa sylphide. Lui aussi a connu la souffrance, l’exil hors de lui-même. Et moi, je suis là, toute seule. Ma fille me cherche et ne me trouve pas. Je la cherche et ne la trouve pas. J’en mourrai ! »
Robert Garcia Avignon, j’ai grandi avec toi 2015.

3304528224.jpgS'agit-il de Renée ?

Madame Reynaud
Photo Alain Lesur