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13/08/2017

Faire un pont... d'Avignoun

Faire un pont... d'Avignon
Make a bridge... of Avignon

Commentaires

très très bien fait - dommage que les acteurs (enfin les matériaux) jouent un peu trop sobre et raide, propre, c'est l'eau qui est la plus naturelle
Non je dis des bêtises... du très beau travail
et une énigme à la fin

Écrit par : brigetoun | 13/08/2017

Ah oui, il manque la réponse à la dernière question... Pourquoi?

Écrit par : chri | 14/08/2017

Très beau travail graphique, qui repose néanmoins sur des données archéologiques des plus approximatives…

Tout d’abord, les trois méthodes de fondation évoquées par la séquence (sur sol sec, sur sol humide, en pleine eau) ne sont pas propres au pont d’Avignon, mais assez génériques, comme l’annonce honnêtement l’un des titres.

Et, pas de chance, ce documentaire oublie qu’il en existait une quatrième, qui est préciséement celle retenue pour notre pont ! Il s’agit de l’échouage de pontons construits sur la berge, puis dotés d’une muraille périphérique de pierres de taille « armée » intérieurement et formant le parement de la pile, et enfin chargés (remplis) de maçonnerie après amenée à l’emplacement définitif de la pile. Emplacement dont le fonds a été « préparé » par le fonçage préalable de pieux .

Cette méthode, bien connue ailleurs et associée à notre pont à minima depuis les travaux de la CNR dans les années 1960, est démontrée par de nombreuses preuves, les deux principales étant d’une part la présence d’une structure interne de renfort provisoire en bois empêchant la muraille périphérique de céder sous la pression de l’eau, et d’autre part les entraxes tous dissemblables des piles, leur positionnement ne pouvait être assuré de façon absolument rigoureuse par l’échouage.

C’est bien cette méthode que valide PAVAGE après force examens, sondages et autres travaux archéologiques : « Le système de fondation qui semble avoir été adopté (pieux + ponton flottant + caisson de blocs appareillés)… » (p.39 du rapport sur le nombre de piles).

Egalement, on reste un peu sur sa faim en voyant s’élever, façon Lego, de belles piles bien lisses sur lesquelles on aurait bêtement posé les arches… en réalité, il fallait nécessairement que la maçonnerie de ces piles inclue les sommiers, i.e. les départs, de ces arches. Et ce n’était pas une mince affaire, les désalignements précités rendant la jonction assez difficile – dans les années 1960, les travaux et sondages réalisés par Sylvain Gagnière et Jacky Granier montrent côté Villeneuve une pile très désaxée, où le raccordement des sommiers imposa un remarquable travail de stéréotomie aux maçons !

Enfin, petite (euphémisme pour grosse…) naïveté que de présenter les piles rechaussées avec des galets… Il fallait nécessairement qu’elles soient protégées de façon bien plus sérieuse contre les affouillements (circulation d’eau entre le fonds naturel et la maçonnerie des piles, qui finit par les déstabiliser). On plantait donc quantité de pieux AUTOUR des piles, en y mêlant de gros quartiers de roche dans l’espoir de ralentir ces affouillements. Cette couche protectrice était appelée « crêche » dans le langage de l’époque.

Quant à la prétendue énigme, elle me semble bien mal posée.

Le pont s’est régulièrement effondré, une arche par çi, une arche par là, au fil des guerres, des crues, des débâcles de glaces (ne pas oublier que depuis les années 1450 jusqu’au début du XX° siècle, on est dans le « petit âge glaciaire ») et des accidents mécaniques inhérents au mode de fondation de l’ouvrage dont le dimensionnement était assez risqué – le rapport PAVAGE sur les piles rappelle que celles-ci ont 1/3 d’épaisseur en moins par rapport à la « norme » médiévale. Or c’est cette épaisseur qui détermine la stabilité du pont…

Régulièrement effondré, et régulièrement réparé… jusqu’au moment où le Rhône étant devenu objet de conflit avec le Royaume, l’entretien cessa, les crêches ne furent plus maintenues et peu à peu le fleuve reprit ses droits… comme il l’a fait en quelques années pour notre moderne « Halte nautique » ! Ce qui devrait au passage nous rappeler à un peu de modestie vis-à-vis du petit Pâtre et des gens dont il s’entoura…

Écrit par : Alain Breton | 14/08/2017

Bien merci Alain. Que saurions-nous sans toi...

Écrit par : ˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉ | 14/08/2017

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