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25/04/2013

Blanco Baretta en 1885

Blanche Baretta-Worms

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Photo Bacard Fils - Paris - 1885.

Blanche Baretta-Worms (Avignon, 22 avril 1856 - Nemours, 1939)

Blanche Rose Marie Héloïse Baretta est née dans la chambre même où le maréchal Brune avait été assassiné. À treize ans, elle entrait au conservatoire de Paris. Trois ans après, à la suite de brillantes études, elle débutait à l'Odéon. Le succès qu'elle y eut, lui ouvrit les portes de la Comédie-Française, dont elle devint par la suite sociétaire. En 1883, elle épousa le célèbre comédien Worms, également de la Comédie-Française, et porta dès lors le nom de Baretta-Worms qu'elle devait rendre illustre.
Elle brilla particulièrement dans le répertoire classique. Voici ce qu'en disait un critique contemporain :
« Madame Blanche Baretta est le type même de l'ingénue. Jamais personne n'a été et ne sera plus jeune qu'elle : franchise du sourire, grâce enfantine, pétulance, naïveté, violence, etc. »
George Sand, de son côté, pensait :
« Nulle n'exprimera mieux la tendresse, la bonté intérieure, l'émotion du cœur, la pudeur de l'amour qui s'avoue. Elle est la grâce même. Elle est la distinction accomplie dans ses gestes, ses intonations, ses attitudes. »

Georges Brun Ceux d'Avignon 1979. 

« Elle était de ces comédiennes, nous dit de Fouquières, qui exercent leur art comme une mission et dédaignent ces aimables artifices dont on est, au théâtre, trop souvent tenté de faire usage. Elle ne bénéficia pas, comme sa presque homonyme Baletta, de l’appui d’un fastueux et fidèle protecteur. Ses camarades, qui avaient adopté un mode de vie plus brillant, rejetaient quelque peu dans l’ombre cette Henriette, cette Agnès, cette Cassilda, cette Suzanne, dont j’entends encore la voix harmonieuse, s’exprimant avec une exquise limpidité de cœur.
Les grâces physiques dont la nature n’avait pas omis de la parer ne lui furent jamais que des armes mises au service de son talent. Blanche Baretta n’eut pas d’histoire, parce qu’elle méprisait les histoires. Son ménage fut heureux et tranquille. Quand Worms n’était pas à l’affiche les soirs où sa femme jouait, il l’attendait chez le concierge du théâtre, comme un sage petit employé venu chercher sa compagne à la sortie de son travail. Et l’on rentrait tout bonnement chez soi.
Gustave Worms et Blanche Baretta eurent deux enfants : Jean Worms, devenu lui aussi un excellent comédien - et trop tôt disparu - et Rose Baretta. Worms qui aborda aussi la scène, mais de l’autre côté de la rampe : avec de charmantes comédies.
Dès qu’elle eut conscience que son âge - elle n’avait que quarante-six ans et elle était encore surprenante de jeunesse et en possession de tous ses moyens - n’était plus en accord avec ses personnages, Blanche Baretta se retira de la scène, après avoir joué une dernière fois ce rôle d’Henriette qui lui avait valu au Conservatoire son prix de comédie. « Il faut savoir se faire regretter », disait-elle, et ce fut là peut-être l’unique coquetterie de cette grande dame de théâtre.
Elle revenait régulièrement en spectatrice au Français, seule, modeste, effacée. Elle vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, dans sa villa La Rotonde, à Nemours. »

Commentaires

elle pétille d'intelligence, de curiosité
une belle vie

Écrit par : brigetoun | 25/04/2013

Encore une belle figure avignonnaise ! J’ai connu un descendant des Baretta (la famille du fameux café Baretta de la place Saint-Didier, où dit-on Napoléon partit sans payer). Les Baretta étaient originaires d’une commune suisse-italienne dénommée aujourd’hui Acquarossa. Au XVIIIème ils s’installèrent à Avignon comme pâtissiers et chocolatiers. Jacques Jules, le père de Blanche, exploitait l’Hôtel du Palais Royal (où fut assassiné Brune). Au début du XXème les Baretta restés à Avignon furent un peu comme notre Cecchini de la fontaine Pamard, marchands de marrons l’hiver, glaciers l’été.

Après la création de la gare du PLM l’animation de la ville se déplaça vers le cours de la République (Jean Jaurès) et l’activité de l’Hôtel du Palais Royal, place Crillon, périclita. Jacques Michel avait signalé dans une étude sur Blanche Baretta que pour tenter de sauver son établissement le père de Blanche le renomma «Hôtel du Palais Royal et du Chemin de Fer» ! Finalement Jules Baretta et son épouse se décidèrent à reprendre l’activité d’un hôtel parisien près de la place des Ternes. C’est ainsi qu’à l’âge de 9 ans Blanche découvrit la capitale puis quelques années plus tard le monde du théâtre…et de la critique théâtrale avec parmi elle un autre avignonnais, Armand de Pontmartin, célèbre chroniqueur polémiste, dont une de nos rues porte le nom.

Le joli pays des ancêtres de Blanche :

http://www.myswitzerland.com/fr/leontica-nara.html

Écrit par : Lou Ravi | 25/04/2013

Belle femme dont on peut dire qu'elle a une charmante frimousse.

Écrit par : jeandler | 25/04/2013

Intéressant tout cela. Je la trouve très belle et ce portrait est magnifique.

Écrit par : Claude | 25/04/2013

Mon solex était chouette, il avait des chromes de protection devant et des grosses sacoches à l'arrière. Il avait de l'allure.

Écrit par : Claude | 25/04/2013

Une de mes nièces lui ressemble étrangement.

Écrit par : Tilia | 25/04/2013

Fais voir !

Écrit par : ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ | 25/04/2013

C'est encore une enfant, je te l'envoie par mél.

Le portrait de Blanche Baretta par Louise Abbéma :
http://www.corpusetampois.com/cae-19-abbema011.html

Écrit par : Tilia | 25/04/2013

Les commentaires sont fermés.