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25/02/2012

Trente an après l'usino à gaz

Trente ans après l'usine à gaz
Thirty years after the gas plant

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Commentaires

n'est plus que dans la tête des vieux avignonnais

Écrit par : brigetoun | 25/02/2012

Je m'en souviens parfaitement et trente ans ce n'est pas si loin...
Au mois de janvier, lors de la rédaction de mon billet sur Gauguin (qui a peint les cheminées de l'usine à gaz de Vaugirard) je me suis demandée la raison de la construction de celle d'Avignon.
L'installation relativement tardive du gaz dans les habitations ne me semble pas avoir été le motif premier... L'éclairage public était-il au départ sa seule raison d'être ? Lou Ravi saura sûrement répondre à ça.

Écrit par : Tilia | 25/02/2012

A priori plus clean, mais bof, le tout béton ?

Écrit par : Fardoise | 25/02/2012

Merci pour cette photo et désolé si je fais long. On imagine mal aujourd’hui la présence de ces gros réservoirs en ville mais on était là, lors de leur installation, dans le quartier des prés de l’Observance. Ces constructions ont été démolies en 1983, les 35-40 ans s’en souviennent. Il fut réalisé de gigantesques travaux pour reprendre tout le réseau après la fin de la concession privée au profit de GDF en janvier 1983.
Pour répondre à Tilia: il existe une remarquable étude de Robert Bailly dans la 15ème édition de la revue du Comité des œuvres sociales du personnel de la mairie. L’origine de l’usine est dans une demande (1838) de création d’une unité de fabrication de gaz pour éclairer une fabrique de garance qui devait être construite à cet endroit. Le surplus de gaz devait alimenter les quartiers voisins. Seule l’usine à gaz de la «Compagnie d’éclairage» fut construite. On entrait par la porte Saint-Roch puisque le boulevard Raspail n’était pas percé et qu’il n’y avait aucune ouverture entre St Roch et St Michel. Des écuries existaient pour les chevaux qui faisaient se mouvoir la noria qui alimentait l’usine en eau. Le gaz était essentiellement un gaz d’éclairage (220 reverbères en 1850) obtenu par distillation du coke. Les bâtiments à claustra de briques et toits étagés que l’on voit sur la photo abritaient les fourneaux. Fumées et poussières gênant l’installation de la nouvelle poste (celle des sens interdits d’un billet précédent) on passe au craquage du propane puis du butane. Cela permet une utilisation facile du gaz dans le réseau domestique et c’est avec cette évolution que se généralise en 1952-53 l’emploi dans les cuisines. Dans la résidence qui fait face à la gendarmerie se trouvent encore les platanes de l’allée caladée qui menait à la résidence du directeur, allée crée après le percement du boulevard Raspail. Le dernier PDG de la Compagnie du Gaz d’Avignon fut le Comte de Saint-Priest d’Urgel que j’ai souvent croisé en ville (il est décédé en décembre 2004) sans jamais oser l’aborder et l’interroger alors qu’il savait bien évidemment tant de choses sur le passé industriel d’Avignon. Une ville qui avait encore des carmélites en nombre (le Carmel est à côté de l’usine), de vrais commerces, des notables entreprenants et surtout des ouvriers. Ceux de la Compagnie du Gaz retrouvaient ainsi au défunt Bar Saint-Roch ouvriers et employés des autres usines et ateliers proches : Poste centrale, centre de tri, gare SNCF, pompes Grillot, Tarot (Citroën), conserves Otra-Rolli, Saninov, chauffeurs de cars etc. Sans compter avec ceux, peut-être, des déménagements Bresson si c’est bien leur portail que tu as pris en photo pour ton clin d’œil Mitterrandien «De toutes les Forces de la France ».

Écrit par : Lou Ravi | 25/02/2012

Je ne sais pas si le portail était celui des Déménagements Bresson, je ne suis même pas sûr de la rue. C'était peut-être la rue du Rempart St-Lazare...
Merci pour avoir capté le "clin d'œil", je le pensais imperceptible !
Et merci Lou pour ce bout d'Histoire.

Écrit par : Michel Benoit | 25/02/2012

Monjour Bichel !
ça ne devait plus gazer ben fort dans l'usine à gaz.
Je suis ravie de lire le cours d'histoire de Lou.

Écrit par : Claude | 25/02/2012

> Lou Ravi, une page d'histoire éclairante...

Les habitants n'ont pas trop l'impression de sentir le gaz dans le quartier ? Je crois qu'habitant là, je l'aurais cette impression.

Les gazomètres, quelle ville n'eut pas les siens !

Écrit par : jeandler | 25/02/2012

En recherche d'informations (avant de rédiger mon précédent commentaire) je suis tombée sur le site de l'Association Géologique d'Alès et de sa Région qui mentionne Eugène Raspail "ancien directeur de l'usine à gaz d'Avignon" dans la liste des personnalités ayant contribué à la documentation de l'un de ses ouvrages.
Cependant, l'article de Wikipédia sur Eugène Raspail dit qu'il fut nommé "directeur de l'éclairage au gaz de la ville d'Avignon"...

Du coup, je me demande en référence à quel Raspail le boulevard du même nom a été baptisé : François-Vincent Raspail, ou son neveu Eugène ?...

Écrit par : Tilia | 25/02/2012

Avant de terminer, je voulais remercier particulièrement Lou Ravi pour son excellente réponse à ma question, mais j'ai encore cliqué trop vite sur "envoyer" !
Alors, merci Lou pour ce beau morceau d'histoire avignonnaise.

Écrit par : Tilia | 25/02/2012

François-Vincent je pense... Il y a des boulevards Raspail dans la France entière à commencer par Paris, ce ne peut être que lui.

Écrit par : Michel Benoit | 25/02/2012

J'opte aussi pour F-V Raspail. Mais le prénom n'est, je crois, jamais mentionné dans les ouvrages que j'ai. Alors pourquoi pas un hommage "aux Raspail" ? Eugène (il était avocat) fut directeur de 1842 à 1848. Une autre interrogation: que serait advenu du quartier si les bombardements de 1944 qui ont touché St Roch et le boulevard Raspail (hôtel Dominion) avaient atteint les gros réservoirs ? Mais peut-être les avait-on vidés...

Écrit par : Lou ravi | 25/02/2012

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