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14/07/2009
Adiéu / Adieu / Farewell André Benedetto
De que toun desir vos creba
quau secrèt o soulamen
de souspesa l'istant
de la doulour vióuleto
avans que de dourmi
De quoi as-tu le désir de percer
quel secret ou seulement
de soupeser l'instant
de la douleur violette
avant de t'endormir
What do you desire to break
what secret or only
of balancing the moment
of the violet pain
before sleeping
André Benedetto, extrait d'Urgent crier, Robert Morel éditeur 1966.
C'est beaucoup de l'âme de la ville qui disparaît. Je n'étais pas un fan de ses œuvres théâtrales mais André était un vrai homme de théâtre. Un solitaire ombrageux qui savait faire parler et monter sur les planches les gens du quartier, les cheminots comme avec son frère Georges, les ouvriers, les occitans, les paysans. "Anarcho-communiste" il était l'ami du père Jacques de la Celle qui a tant fait pour la paroisse des Carmes et qui lui prêtait sa salle de cathéchisme pour y faire du théâtre. Il n'a jamais cherché, contrairement à certain que l'on reconnaîtra facilement, la moindre gloriole. De la M.J.C. où il donnait des rudiments de théâtre, aux tournées avec Jacqueline, Mad, et bien d'autres, il a présidé aux fondements du Off sans jamais renier son engagement politique, ses combats, ses convictions. Théâtre facile, populaire, réducteur parfois. Mais théâtre qui donnait à ceux qui n'osent pas pousser la porte des salles, l'envie d'y aller. Et l'on pouvait ensuite passer avec bonheur de Nostra dona dei bordilhas (La madone des ordures) à En attendant Godot. Tout le contraire de la démarche des emplumés qui nous servent le In depuis des années... L.R.
It's a part of the soul of the city who disappears. I wasn't a fan of his theatrical works, but André was a true man of the theater. A touchy loner who knew how to make speak and go up on stage the people of the neighborhood, the railwaymen, as his brother George, the workers, Occitan, the peasants. "Anarcho-communist" it was a friend of Father Jacques de la Celle, which has done so much for the Carmes parish and lent him his cathéchism room to do theater. He never tried, unlike some that we readily recognize, the less boastful. From M.J.C. where he gave the basics of theater, toured with Jacqueline, Mad, and many others, he presided over the foundation of Off without ever renouncing his political involvement, his struggles, his beliefs. Theater simple, popular, sometimes simplistic. But theater that gave those who dare not push the door of the rooms, the desire to go. And then you could happily spend Nostra dona dei bordilhas (The madone of garbage) to Waiting for Godot. This is in contrast to the approach that use the "emplumés" of the In the years since... L.R.
12:30 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, off, festival, portrait, avignonnais |
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Commentaires
Il est normal qu'en cette triste circonstance le Théâtre éclipse la Mairie (l'ancien Hôtel de Ville), d'autant plus qu'il n'y a pas loin de l'un à l'autre.
Hier soir, à la lecture du commentaire de Lou Ravi, j'avais envie d'applaudir. C'est fait.
Écrit par : yvelinoise | 14/07/2009 | Avertir le modérateur
un peu de ma jeunesse aussi - même si je n'y allais plus guère (mais programmé hier et je n'ai pas osé) - ne réalise pas - y vais tout à l'heure voir son dernier spectacle - à vendredi ?
Écrit par : brigetoun | 14/07/2009 | Avertir le modérateur
Il risque d'y avoir beaucoup de monde sur la place des Carmes vendredi !
Écrit par : Michel Benoit | 14/07/2009 | Avertir le modérateur
Une grande partie de l'âme avignonnaise est partie avec lui. Merci pour cet article.
Écrit par : Fardoise | 15/07/2009 | Avertir le modérateur
merci, merci pour mad et tous les autres. Et pour maman (jacqueline) qui nous a quitte le 27 juin 2009.
Écrit par : anne benedetto | 15/07/2009 | Avertir le modérateur
C'est trop d'honneur que tu m'as fait en mettant en exergue ces quelques lignes rédigées à la hâte. Jacqueline B nous avait quitté il y a peu. Je pensais à elle en parlant de la Madone des Ordures, à Madeleine Ravel, à Claude Guerre, directeur de la Maison de la Poésie à Paris et qui devrait être à Avignon à partir de demain, à Bertrand H et tant d'autres...
J'en terminerai avec ceci, pour lui qui dort déjà avant d'être dispersé:
"De quoi as-tu le désir de percer
quel secret ou seulement
de soupeser l'instant
de la douleur violette
avant de t'endormir"
André Benedetto extrait d'Urgent crier, Robert Morel éditeur 1966.
Écrit par : Lou Ravi | 15/07/2009 | Avertir le modérateur
Trop tard pour beaucoup d'avignonnais ! Nous aurions dû être plus nombreux dans cette si belle salle du Théâtre des Carmes du vivant d'André avec sa fraternelle présence et l'affectueuse attention de Francès . Bon , c'est certain , nous allons maintenant tous découvrir ou redécouvrir la poésie et la puissance de ses textes .
Merci pour tout ce que tu étais André . Ta génerosité et ton amour pour tous les " autres " et pour ta ville étaient sans borne . GUENATZ André ! et que tous les parfums du Ventoux te portent sur leurs ailes .
Écrit par : M.C. | 21/07/2009 | Avertir le modérateur
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